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La honte de ce qu’on a subi — pourquoi elle est si courante et si injuste | Ourida Revel
Questions inavouables — Baillargues

La honte de ce qu’on a subi — pourquoi elle est si courante et si injuste

Avoir honte de ce qu’on a subi — et non de ce qu’on a fait — est l’un des paradoxes les plus douloureux du traumatisme. Cette honte n’est pas irrationnelle : elle est le produit d’un mécanisme précis, compréhensible — et défaisable.

Cabinet à Baillargues

Travailler la honte liée au trauma — présentiel uniquement

L’hypnose peut travailler la honte traumatique — en accédant à ce qui a été vécu depuis un état de sécurité, et en modifiant la relation à cet événement.

7 rue de la Dentellière, 34670 Baillargues
06 30 23 73 34
Lun–Ven 8h–19h • Sam 8h30–12h
Présentiel uniquement
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Avoir honte de ce qu’on a subi — comment c’est possible

La honte est normalement attachée à ce qu’on fait — pas à ce qu’on subit. Pourtant, les personnes qui ont vécu une violence, un abus, une humiliation, une agression — quelle qu’en soit la forme — éprouvent fréquemment une honte intense liée à ce qu’elles ont subi. Pas à ce qu’elles ont fait. C’est l’un des paradoxes les plus douloureux du traumatisme — et l’un des moins compris par ceux qui ne l’ont pas vécu.

Cette honte n’est pas irrationnelle. Elle résulte de mécanismes précis — psychologiques, neurologiques, sociaux — qui se mettent en place au moment de l’événement et se consolident ensuite. Comprendre ces mécanismes est souvent la première étape vers une relation différente à ce qu’on a vécu. Pour approfondir : comprendre le traumatisme et hypnose et trauma.

Ce que cette honte fait : elle empêche de parler, isole, entretient le silence qui permet à ce qui s’est passé de continuer à peser. Elle protège souvent l’auteur — pas la victime. Et elle se superpose à la souffrance initiale, ajoutant une couche de douleur à ce qui a déjà été difficile à traverser.

Ce que la honte traumatique produit

  • Le silence — ne pas parler de ce qui s’est passé, parfois pendant des années
  • L’isolement — le sentiment que personne ne pourrait comprendre
  • La minimisation — « c’était pas si grave" pour éviter d’avoir à le nommer
  • L’auto-accusation — chercher ce qu’on aurait pu faire différemment
  • La difficulté à recevoir de l’aide — la honte rend l’accompagnement difficile à accepter
  • La protection de l’auteur — ne pas le nommer pour éviter d’avoir à assumer la honte

Les mécanismes de la honte traumatique — ce qui se passe vraiment

La honte traumatique n’est pas une faiblesse — c’est le résultat de plusieurs mécanismes qui s’enchainent.

L’inversion de la responsabilité

Dans de nombreuses situations d’abus ou de violence, l’auteur — explicitement ou implicitement — produit une narration où la victime est responsable. Cette narration s’intègre souvent au moment de l’événement, quand les ressources cognitives sont dépassées. Elle se consolide ensuite comme une croyance sur soi.

La réaction de gel comme « preuve"

Face à un danger intense, le système nerveux peut générer une réaction de gel — impossibilité de bouger, de crier, de réagir. Cette réaction neurologique normale est fréquemment interprétée a posteriori comme une « compétence" — « j’aurais pu me défendre, j’aurais pu dire non." Ce n’était pas possible neurologiquement.

Les messages culturels sur la victime

« Pourquoi tu n’es pas parti ?" « Tu aurais pu dire non." « Dans quoi tu t’étais mis ?" Ces questions — même non posées — sont intériorisées. La culture de la victimisation encore présente dans de nombreux contextes produit une honte sociale avant même qu’on ait parlé à quiconque.

Le lien affecté à l’auteur

Quand l’auteur de la violence est quelqu’un qu’on aimait — un parent, un conjoint, un ami — la honte se complexifie. Nommer ce qui s’est passé, c’est aussi nommer quelqu’un. La honte de « trahir" ou de « détruire" l’autre se superpose à la honte de ce qu’on a subi.

La dissociation comme protection

Certains événements sont si intenses que le système psychique les dissocie — les met à l’écart de la conscience ordinaire. Cette dissociation — qui est une protection — peut être vécue comme une preuve que « ça n’était pas si grave" ou que « ce n’est pas réel." Elle entretient l’ambivalence et la honte.

La honte d’avoir « laissé faire"

Quand la situation s’est prolongée — violence répétée, relation toxique, abus sur durée — la honte porte aussi sur la durée. « Pourquoi je ne suis pas parti ?" Cette question méconnait les mécanismes de la traumatisation progressive — qui réduit précisément la capacité de partir.

La honte appartient à l’auteur — pas à celui qui a subi

Ce que la honte traumatique fait de plus injuste : elle retourne la responsabilité. Ce qui appartient à l’auteur se dépose sur celui qui a subi. Ce renversement n’est pas accidentel — et il peut être défait.

01

La honte est une émotion de responsabilité

La honte se déclenche quand on se perçoit comme responsable de quelque chose qui viole ses propres valeurs. Quand elle s’attache à ce qu’on a subi — ce qu’on n’a pas causé — elle opère sur une attribution fausse. Corriger cette attribution est souvent au cœur du travail thérapeutique sur la honte traumatique.

02

Elle protège l’auteur, pas la victime

La honte de la victime produit le silence. Le silence protège l’auteur. Ce mécanisme — souvent entretenu activement par les auteurs de violence — fait de la honte un outil de contrôle. Comprendre cela modifie parfois profondément le rapport à cette honte — elle n’appartient pas à celui qui la porte.

03

Elle s’attaque à l’identité

La culpabilité dit « j’ai fait quelque chose de mal." La honte dit « je suis quelque chose de mal." Quand la honte est liée à ce qu’on a subi, elle s’attaque à l’identité de la personne — pas à un acte. C’est pourquoi elle est si durable et si difficile à défaire par la seule réflexion consciente.

Se dégager de la honte traumatique — ce qui est possible

La honte traumatique ne se défait pas par la seule compréhension intellectuelle. Savoir que ce n’était pas de sa faute ne suffit pas toujours à ne plus le ressentir comme tel. Ce qui doit changer, c’est la représentation interne de l’événement — pas seulement sa lecture consciente.

L’hypnose peut accéder à la mémoire émotionnelle de ce qui s’est passé — depuis un état de sécurité — et travailler la charge de honte attachée à cette mémoire. Ce n’est pas effacer — c’est modifier la relation à ce qui a été vécu. La reconsolidation mémorielle permet de réintégrer l’événement avec une charge émotionnelle réduite. Pour approfondir : hypnose et trauma, comprendre le traumatisme et tout dire sans être jugé.

  • L’attribution de responsabilité modifiée — ressentie, pas seulement comprise
  • La charge de honte attachée au souvenir réduite
  • La possibilité de parler — sans être submergé par la honte
  • L’identité désolidarisée de ce qui a été subi
  • L’accès à une relation plus juste à sa propre histoire
  • La honte remise à sa place — elle n’appartient pas à celui qui a subi

Ce que disent les personnes accompagnées

Un accompagnement en présentiel — à Baillargues

Les séances se déroulent en présentiel uniquement au 7 rue de la Dentellière à Baillargues. Ce qui s’est passé peut y être dit — sans jugement, sans injonction à pardonner ou à oublier.

Téléphone 06 30 23 73 34
Horaires Lun–Ven 8h–19h • Sam 8h30–12h
Adresse 7 rue de la Dentellière, 34670 Baillargues