Mentir à son psy — pourquoi ça arrive et ce que ça coûte
On filtre, on embellit, on omet. Parfois on invente. Mentir à son thérapeute est plus courant qu’on ne le dit — et plus révélateur qu’on ne le croit. Ce que ça dit, et ce que ça coûte vraiment.
Un espace sans jugement — présentiel uniquement
Ce qu’on n’a jamais dit à personne peut être dit en séance. La confidentialité est absolue. Ce qui sort de la séance ne sort que si vous le décidez.
On ment à son thérapeute — bien plus souvent qu’on ne le croit
Des études en psychothérapie l’ont documenté : une large majorité de patients filtre, omet ou embellit ce qu’il dit en séance. Pas nécessairement avec l’intention de tromper — souvent sans même en avoir pleinement conscience. On présente une version de soi plus cohérente, moins embarrassante, moins contradictoire que la réalité.
Ce n’est pas une spécificité de la relation thérapeutique — c’est ce que les êtres humains font dans toutes les relations où ils se sentent évalués. Le problème : en thérapie, le mensonge — même par omission — prive le travail de sa matière première. Ce qu’on ne dit pas ne peut pas être travaillé. Pour approfondir : tout dire sans être jugé et la honte de chercher de l’aide.
Ce qu’on filtre le plus souvent : les comportements dont on a honte, les pensées qui semblent trop sombres ou trop « folles", ce qui concerne la sexualité, les dépendances, les pensées sur le thérapeute lui-même, et les moments où ça va mieux — parce que montrer qu’on va mieux, c’est aussi risquer de perdre l’espace de parole.
Ce qu’on filtre le plus souvent
- Les comportements dont on a honte — addictions, mensonges, actes que l’on juge
- Les pensées « trop" sombres ou violentes — peur d’être hospitalisé ou jugé
- Ce qui concerne la sexualité — pratiques, fantasmes, difficultés
- Les sentiments envers le thérapeute — agacement, attérance, déçeption
- Les moments où ça va mieux — pour ne pas perdre l’espace
- Les dépendances — alcool, médicaments, substances
Les raisons de mentir à son thérapeute — elles sont toutes compréhensibles
Mentir à son thérapeute n’est pas une défaillance morale — c’est un mécanisme de protection qui a une logique.
La peur d’être jugé
Même avec un thérapeute, la peur du jugement opère. On sait intellectuellement que le cadre est bienveillant — mais émotionnellement, exposer ce dont on a honte reste risqué. Le filtre social ne se coupe pas automatiquement parce qu’on est en séance.
La peur des conséquences
Dire qu’on a des pensées suicidaires, qu’on consomme des substances, qu’on fait des choses illégales — la peur que le thérapeute réagisse par une mesure contraignante. Cette peur est souvent exagérée — mais elle est réelle et elle censure.
La honte pure
Certaines choses sont simplement trop chargées pour être dites à voix haute — même à quelqu’un de confiance. La honte n’est pas rationnelle. Elle fonctionne par anticipation de l’humiliation — même quand cette humiliation est très peu probable.
Vouloir paraitre mieux qu’on ne l’est
Montrer des progrès, ne pas décevoir le thérapeute, être un « bon patient". Cette dynamique — particulièrement présente chez les personnes perfectionnistes ou à forte orientation vers l’approbation — peut produire une version embellie de sa semaine.
Protéger ses proches
Parler de quelqu’un en séance — un conjoint, un parent — peut être vécu comme une trahison. On adoucit, on ré-équilibre, on ajoute les circonstances atténuantes. Résultat : le thérapeute travaille sur une version filtrée de la relation.
Ne pas savoir que ça compte
Certaines omissions ne sont pas intentionnelles — on ne dit pas certaines choses parce qu’on ne réalise pas leur importance. Un détail qui parait annexe peut être précisément ce que le thérapeute aurait travaillé. Le filtre s’exerce sur ce qui est « trop petit pour mentionner".
Le prix du filtre — concrètement
Le mensonge en thérapie — même involontaire — a un coût direct sur l’efficacité du travail. Ce n’est pas un jugement moral : c’est mécanique.
Le thérapeute travaille sur une version fausse
Ce qu’on ne dit pas n’existe pas pour le thérapeute. Il travaille avec ce qu’on lui donne — si cette matière est filtrée, le travail porte sur une représentation inexacte. Les interprétations, les pistes proposées, les hypothèses — tout repose sur une image partielle. Le travail peut être long sans jamais toucher ce qui compte vraiment.
L’énergie du secret se retourne
Garder quelque chose caché en séance demande une énergie consciente ou inconsciente. Cette énergie n’est pas disponible pour le travail. Et le secret lui-même — la chose non dite — présente souvent l’essentiel de ce qui protège la souffrance. Ce qu’on ne veut pas dire est souvent précisément ce qu’il faudrait dire.
La relation thérapeutique reste superficielle
La confiance en thérapie se construit par l’expérience de dire quelque chose difficile — et d’être reçu sans jugement. Tant que cette expérience ne s’est pas produite, la relation reste dans une zone de confort qui n’est pas le lieu où le changement profond se produit.
Quand on commence à dire ce qu’on taisait — ce qui se produit
Le moment où on dit quelque chose qu’on n’avait jamais dit à personne est souvent le moment où quelque chose se déplace. Pas systématiquement — pas immédiatement. Mais la mise en mots d’une chose tenue secrète modifie le rapport à cette chose. Le secret perd une partie de sa charge. Ce qu’on protégeait avec tant d’énergie devient une information — qui peut être regardée, travaillée, intégrée.
L’hypnose peut faciliter ce passage — pas en contournant la parole, mais en réduisant la charge anxieuse qui empêche de dire. L’état hypnotique réduit le filtre critique — ce qui peut rendre accessible ce que l’état de vigilance ordinaire censure. Pour approfondir : tout dire sans être jugé, déroulement d’une séance et comprendre l’anxiété.
- La chose dite perd une partie de sa charge — le secret ne se nourrit plus
- Le thérapeute travaille sur la vraie matière — pas sur une version filtrée
- L’énergie du secret se libère — disponible pour le travail
- La relation thérapeutique change de niveau — la confiance s’ancre dans une expérience réelle
- Ce qu’on protégeait devient une information — qui peut être intégrée
- La honte diminue souvent — par l’expérience d’être reçu sans jugement
Ce que disent les personnes accompagnées
Pages associées
Retrouvez également la page de prise de rendez-vous et le parcours complet d’Ourida Revel.
Un espace sans jugement — à Baillargues
Les séances se déroulent en présentiel uniquement au 7 rue de la Dentellière à Baillargues. Ce qu’on n’a jamais dit à personne peut y être dit. La confidentialité est absolue.
