Réserver en ligne
Ce que l’hôpital m’a appris sur la dépression | Ourida Revel
Expérience clinique — Baillargues

Ce que l’hôpital m’a appris sur la dépression

J’ai passé 15 ans au CHU de Montpellier en psychiatrie. J’y ai accompagné des centaines de personnes en épisode dépressif. Ce que j’ai vu de près ne ressemble pas toujours à ce qu’on lit.

Cabinet à Baillargues

Un échange préalable gratuit de 15 minutes

Pour faire le point sur votre situation et vérifier si l’hypnose peut vous accompagner, avant toute première séance.

7 rue de la Dentellière, 34670 Baillargues
06 30 23 73 34
Lun–Ven 8h–19h • Sam 8h30–12h
Séances en cabinet ou en visio
Réserver en ligne

Ce que les chiffres ne disent pas

Il existe des dizaines d’articles sur la dépression. Des listes de symptômes, des statistiques, des conseils. Je n’ai pas voulu en écrire un de plus. Ce texte est différent — pas parce qu’il est mieux informé, mais parce qu’il vient d’ailleurs.

Avant de devenir hypnothérapeute à Baillargues, j’ai passé 15 ans en psychiatrie hospitalière au CHU de Montpellier comme infirmière en santé mentale. J’ai accompagné des hommes et des femmes en plein épisode dépressif — pas en consultation de 20 minutes, mais heure après heure, nuit après nuit, dans les moments où plus rien ne tient.

Ce que j’ai appris dans ces années, je ne l’aurais pas appris dans les livres. La dépression telle qu’elle se vit de l’intérieur ne ressemble pas toujours à ce que les critères diagnostiques décrivent. Et ce qui aide — vraiment — ne se réduit pas à une liste de conseils.


Ce texte n’est pas un substitut à un avis médical. Si vous ou quelqu’un de votre entourage souffrez d’une dépression, la première étape est une consultation médicale. Si la situation est urgente, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est disponible 24h/24.

Expérience clinique

15 ans au CHU de Montpellier

Infirmière en santé mentale en service de psychiatrie hospitalière. Plusieurs centaines de patients accompagnés en épisode dépressif, dont des formes sévères et des hospitalisations de longue durée.

  • Unités fermées et ouvertes
  • Hôpital de jour psychiatrique
  • Accompagnement en crise aiguë
  • Suivi de sorties et réintégration
Lire le parcours complet →
01

La dépression ne ressemble pas toujours à de la tristesse

Le mot dépression évoque la tristesse. Des larmes, une personne effondrée sur son lit. Ce tableau existe — mais il est loin d’être universel. Beaucoup des personnes que j’ai accompagnées ne pleuraient pas. Elles ne ressentaient rien. C’est ça qui était le plus déstabilisant — pour elles et pour leur entourage.

L’anédonie — l’incapacité à ressentir du plaisir ou de l’intérêt — est souvent au premier plan. Des personnes qui aimaient leur travail, leur famille, leurs loisirs, et qui se retrouvaient un matin incapables d’éprouver quoi que ce soit devant ce qu’ils aimaient. Pas de la tristesse. Du vide.

La dépression peut aussi prendre le masque de l’irritabilité, de la colère, d’une fatigue chronique sans cause médicale identifiable, ou d’une accélération — certaines personnes en dépression s’agitent, s’organisent compulsivement, bougent pour ne pas s’arrêter. Ces formes-là passent souvent inaperçues plus longtemps.

Plusieurs personnes hospitalisées m’ont dit la même chose au moment où elles allaient mieux : « Je ne savais pas que c’était ça. Je pensais que la dépression, c’était pleurer tout le temps. Moi, je ne pleurais plus."
02

La honte retarde tout

L’un des constats les plus douloureux de ces années : beaucoup de personnes avaient attendu des mois — parfois des années — avant de consulter. Pas par manque d’information. Par honte.

La honte d’avoir “une maladie mentale”. La honte de ne pas être capable de s’en sortir seul. La honte de ne pas avoir de “vraie raison” d’aller mal — parce que la vie objectivement n’était pas si difficile. La honte de ce que les autres allaient penser.

J’ai accompagné des personnes qui avaient maintenu une vie sociale, professionnelle et familiale apparemment normale pendant des années — en portant seules quelque chose qui les écrasait. Quand elles arrivaient à l’hôpital, elles étaient littéralement à bout. L’hospitalisation aurait pu être évitée si elles avaient demandé de l’aide plus tôt.

La honte n’est pas un défaut de caractère. C’est souvent un héritage culturel — l’idée qu’on devrait être capable de gérer seul. Mais la dépression n’est pas une faiblesse. C’est un état qui répond à un traitement — quand on le déclenche assez tôt.
03

Le corps parle avant la tête

Ce qui m’a frappée très tôt dans ma carrière hospitalière : beaucoup de personnes en dépression avaient d’abord consulté pour des problèmes somatiques. Des douleurs chroniques. Une fatigue inexplicable. Des troubles digestifs persistants. Un médecin après l’autre, aucune cause organique trouvée — jusqu’à ce que quelqu’un fasse le lien.

Le corps déprime avant que la tête le formule. Les douleurs physiques sans explication médicale, les troubles du sommeil qui durent, la fatigue qui ne cède pas au repos — ces signaux méritent d’être pris au sérieux comme éléments du tableau dépressif, pas seulement comme symptômes à traiter séparément.

C’est l’un des enseignements qui a le plus influencé ma pratique actuelle en hypnose. Le corps est un interlocuteur. Quand on travaille sur l’anxiété ou la dépression, travailler sur la réponse physique — la tension, la résistance, le retrait — est souvent aussi important que travailler sur les pensées.

Une femme hospitalisée pour un épisode dépressif sévère m’a dit un jour : « Les deux années d’avant, j’avais mal partout. Les médecins ne trouvaient rien. Je savais que quelque chose n’allait pas mais je ne savais pas comment le nommer."
04

L’entourage ne sait pas quoi faire — et ça se voit

Les visites en psychiatrie sont complexes. L’entourage arrive — conjoint, parents, enfants — et souvent ne sait pas comment se comporter. Certains minimisent (« allez, il faut te secouer"). D’autres surprotègent, parlent comme à un fragile. D’autres encore fondent en larmes et la personne hospitalisée se retrouve à les consoler.

Ce que j’ai vu fonctionner : la présence simple. Pas les conseils. Pas les encouragements forcés. Pas les questions sur “pourquoi tu t’es laissé aller”. Rester là. Laisser du silence. Parler de choses ordinaires. Montrer qu’on ne fuit pas — sans exiger que la personne aille mieux pour qu’on reste.

L’entourage a aussi besoin d’accompagnement. La culpabilité de ne pas avoir vu, la peur de dire la mauvaise chose, l’épuisement de porter un proche en dépression — ce sont des charges réelles qui méritent d’être nommées et aidées.

La chose la plus utile qu’un proche puisse dire à quelqu’un en dépression n’est pas « tu vas t’en sortir". C’est « je suis là". Sans condition de temps, sans attente de résultat immédiat.
05

Le médicament seul ne suffit presque jamais

J’ai vu des antidépresseurs faire des effets remarquables. J’en ai aussi vu qui ne changeaient rien, ou dont les effets secondaires étaient aussi lourds que la pathologie. Ce que j’ai compris avec le temps : le médicament peut créer les conditions d’un travail. Il ne fait pas le travail lui-même.

Les personnes qui sortaient de l’hôpital en meilleur état que lorsqu’elles étaient entrées avaient presque toutes combiné plusieurs choses : un traitement médical adapté, un suivi psychologique régulier, et un travail sur les conditions de vie qui avaient contribué à l’épisode. Rarement une seule chose à la fois.

Celles qui rechutaient le plus souvent étaient celles qui avaient arrêté le traitement trop tôt parce qu’elles allaient mieux — sans avoir travaillé sur ce qui les avait amenées là. « Je me sens mieux" n’est pas la même chose que « quelque chose a changé".

Le rôle de l’hypnose dans ce contexte n’est pas de remplacer le suivi médical. C’est de travailler sur ce que le médicament ne touche pas directement : les croyances sur soi, les schémas qui rev&iennent, la réponse physique au stress, la reconnexion à des ressources internes.
06

La guérison n’est pas un retour à avant

L’idée qu’on “guérit” de la dépression en retrouvant exactement l’état d’avant l’épisode est l’une des plus trompeuses que j’ai entendu circuler — et l’une de celles qui fait le plus souffrir. Parce qu’après un épisode dépressif, on n’est pas les mêmes.

Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Les personnes que j’ai vues traverser un épisode sévère et le travailler vraiment — pas seulement le subir — ressortaient souvent avec une relation à elles-mêmes profondément modifiée. Plus de distance avec ce qui les avait menées là. Plus de clarté sur ce dont elles avaient besoin. Pas nécessairement plus fragiles — parfois le contraire.

Ce que la dépression force — quand elle est vraiment traversée plutôt que juste attendue — c’est souvent un arrêt, un bilan, un réajustement. Ce n’est pas une façon d’en minimiser la souffrance. C’est constater que certaines personnes en sortent avec quelque chose qu’elles n’avaient pas avant.

L’objectif n’est pas de retrouver qui on était avant. C’est de trouver qui on est maintenant — avec ce que l’épisode a révélé, déposé, changé.

Ce que l’hypnose peut apporter dans cet accompagnement

En complément d’un suivi médical — jamais à sa place dans les formes modérées à sévères — l’hypnose peut contribuer à plusieurs niveaux.

Agir sur la réponse corporelle

Le corps dépressif est souvent lourd, lent, déconnecté. L’état hypnotique peut aider à rétablir une expérience de légèreté, de chaleur, de présence dans le corps — des expériences qui ne sont pas accessibles par la seule volonté.

Travailler sur les croyances sous-jacentes

« Je ne vaux rien", « je suis un fardeau", « je ne m’en sortirai pas". Ces croyances ne répondent pas bien à l’argumentation consciente. L’hypnose peut accéder à ces représentations à un niveau plus profond.

Réactiver les ressources

La dépression éteint l’accès aux ressources internes. L’hypnose peut aider à reconnecter avec des expériences positives passées, des compétences oubliées, des moments où on se sentait capable — sans les recréer artificiellement.

Accompagner la période de remontée

La remontée d’un épisode dépressif est souvent aussi difficile que le fond. L’hypnose peut soutenir cette phase — aider à traverser les moments où l’énergie revient avant le sens, où on ne sait pas encore qui on est dans cet état nouveau.

Ce que disent les personnes accompagnées

Un accompagnement à Baillargues, avec possibilité de visio

Le cabinet est situé au 7 rue de la Dentellière à Baillargues. Les consultations se font au cabinet ou en visioconférence. La première séance dure de 1 h à 1 h 15, les suivantes environ 1 h. Un échange téléphonique de 15 minutes est possible avant la première séance.

Prise de contact 06 30 23 73 34
Horaires Lun–Ven 8h–19h • Sam 8h30–12h
Adresse 7 rue de la Dentellière, 34670 Baillargues