Lettre à quelqu’un qui n’y croit plus
Pour ceux qui ont essayé, tenté, attendu — et qui n’ont plus l’énergie d’espérer que quelque chose change. Cette lettre ne promet rien. Elle dit juste ce qu’il y a.
Un accompagnement sans promesse — présentiel uniquement
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Appeler le 3114Baillargues, juillet 2026
Vous qui n’y croyez plus.
Je ne vais pas vous dire que vous avez tort. Que ça va aller. Que tout finit par s’arranger. Ces phrases — même dites avec sincérité — peuvent faire plus de mal que de bien quand on est à l’endroit où vous êtes. Parce qu’elles demandent quelque chose — d’espérer, de faire confiance — que vous n’avez plus.
Ne plus y croire — ce n’est pas une décision. Ce n’est pas non plus de la faiblesse. C’est l’état d’un système qui a espéré, qui a essayé, qui a attendu — et qui n’a plus les ressources pour recommencer. L’espérance n’est pas une vertu morale. C’est une capacité — et comme toutes les capacités, elle peut être épuisée.
Ce que ne plus y croire dit vraiment
Ne plus y croire — en quoi, exactement ? Que quelque chose puisse changer. Que les efforts vaillent encore la peine. Que vous méritiez que ça aille mieux. Que les autres vous comprennent vraiment. Que le prochain essai ne finisse pas comme les précédents.
Ce que ça dit : que vous avez été déçu — profondément, plusieurs fois peut-être. Que l’espérance a coûté quelque chose à chaque fois qu’elle a été infirmée. Et que le système nerveux, dans sa sagesse même — a décidé de ne plus prendre ce risque-là. C’est une forme de protection. Pas la meilleure à long terme — mais une protection.
Ce que je ne vais pas vous demander
Je ne vais pas vous demander d’espérer. Je ne vais pas vous demander de faire confiance. Je ne vais pas vous demander de voir les choses autrement, d’y mettre de la bonne volonté ou de penser positivement. Ces demandes — même bienveillantes — placent la responsabilité de votre état sur vous. Ce n’est pas juste.
Ce que je vais vous demander, c’est peut-être une seule chose : de ne pas décider définitivement de quoi que ce soit pour l’instant. Pas de décision permanente dans un état temporaire — même quand cet état dure depuis longtemps.
Ce qui peut être vrai en même temps
Ne plus y croire — et que quelque chose change quand même. Ces deux choses peuvent coexister. On ne demande pas à quelqu’un de croire pour que quelque chose bouge. On peut travailler sans y croire. On peut traverser sans espérer. La croyance n’est pas une condition préalable au mouvement — même si c’est ce que ça ressemble de l’intérieur.
Des personnes que j’accompagne arrivent en disant exactement ça — « je n’y crois pas vraiment, mais je viens". C’est suffisant. Venir sans y croire — c’est déjà quelque chose. C’est même parfois plus honnête que d’y croire trop vite.
Si vous lisez ces lignes — quelque chose en vous cherche encore. Cette partie-là, petite et épuisée qu’elle soit — mérite qu’on lui laisse la place.
Ourida Revel
Hypnothérapeute, Baillargues
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