Elle ne dormait plus depuis la naissance de son deuxième enfant
Le bébé faisait enfin ses nuits. Elle, non. Huit mois après la naissance, elle restait éveillée des heures, à l’affût du moindre bruit. Le récit d’un accompagnement — ce qui entretenait l’insomnie, ce qui a été fait, et ce qui a changé.
Sommeil après une naissance — présentiel uniquement
Quand le sommeil ne revient pas après une naissance, le travail commence par un avis médical — puis l’hypnose peut aider à relâcher la vigilance qui empêche de dormir.
Le bébé dort — la mère, non
Claire (le prénom a été changé) a 34 ans quand elle prend rendez-vous. Son deuxième enfant a huit mois. Les premiers mois, les nuits étaient hachées par les tétées et les réveils, comme pour beaucoup de parents. Puis le bébé s’est mis à dormir presque d’une traite. Elle, non : elle mettait une ou deux heures à s’endormir, se réveillait vers 3 heures sans raison et guettait le babyphone jusqu’au matin.
Ce qui la déroutait le plus : après son premier enfant, le sommeil était revenu tout seul. Cette fois, il ne revenait pas. Elle disait « j’ai oublié comment on dort ». La fatigue s’accumulait, l’irritabilité aussi, et avec elle la culpabilité de ne pas être la mère patiente qu’elle voulait être. Pour approfondir : ce qui se passe dans la tête de quelqu’un qui ne dort plus et la fatigue maternelle.
Ce récit est construit à partir de plusieurs accompagnements réels, dont les détails ont été modifiés pour que personne ne soit reconnaissable. Il décrit un parcours possible, pas un résultat garanti.
Ce qu’elle décrivait au premier rendez-vous
- Une à deux heures pour s’endormir, presque chaque soir
- Des réveils vers 3 heures, sans que le bébé ait pleuré
- L’oreille toujours tendue vers la chambre des enfants
- Des calculs nocturnes : « s’il me reste quatre heures… »
- Une fatigue de fond, de l’irritabilité, des oublis
- La peur de ne pas tenir la journée du lendemain
Plusieurs mécanismes — emmêlés
Une insomnie qui s’installe après une naissance a rarement une seule cause. Pour Claire, plusieurs fils se nouaient — et chacun nourrissait les autres.
L’oreille restée en veille
Pendant des mois, son cerveau avait appris à se réveiller au moindre bruit. Cette vigilance, utile au début, ne s’était pas éteinte quand le bébé avait commencé à dormir. Le corps restait en mode garde de nuit.
Le lit devenu un lieu d’attente
À force d’y passer des heures éveillée, le lit était associé à l’attente et à l’agacement plutôt qu’au sommeil. Dès qu’elle se couchait, son esprit s’activait. C’est l’un des mécanismes classiques de l’insomnie qui dure.
Les calculs de la nuit
Regarder l’heure, compter ce qui reste, anticiper la fatigue du lendemain : chaque calcul ajoutait du stress, et le stress éloignait encore le sommeil. Un cercle bien connu de celles et ceux qui dorment mal.
La charge mentale du soir
Une fois les enfants couchés, c’était le seul moment calme de la journée — et donc celui où tout remontait : la liste du lendemain, les rendez-vous, le retour au travail prévu. Voir la charge mentale de la jeune mère.
La comparaison avec le premier enfant
« Pour le premier, ça s’était remis tout seul. » Cette comparaison la faisait douter d’elle-même. Or un deuxième enfant change beaucoup de choses : moins de temps pour récupérer, un aîné à gérer, une fatigue qui part de plus loin.
La peur de ne pas tenir
Derrière l’insomnie, une inquiétude plus large : ne pas réussir à tout mener de front, ne pas être à la hauteur avec deux enfants. Cette peur ne faisait pas de bruit le jour. La nuit, elle prenait toute la place.
Cinq séances sur deux mois — étape par étape
L’accompagnement s’est fait au cabinet, au rythme d’une séance toutes les une à deux semaines, avec un exercice d’autohypnose à pratiquer chaque soir entre les séances.
D’abord, écarter une cause médicale
Avant la première séance, Claire avait vu son médecin traitant. Une insomnie après une naissance doit être explorée : une thyroïdite du post-partum, fréquente dans l’année qui suit l’accouchement, un manque de fer ou une dépression peuvent tous perturber le sommeil. Son bilan était normal et le médecin avait écarté une dépression. L’hypnose pouvait alors venir en complément.
Relâcher la vigilance
Les premières séances ont porté sur la détente et sur cette oreille toujours aux aguets. En hypnose, Claire a travaillé l’image d’une maison où quelqu’un d’autre veille : le babyphone fait le guet, elle peut lâcher prise. Un enregistrement court lui permettait de retrouver cet état seule, au coucher.
Rendre le lit au sommeil
Le travail en hypnose s’est accompagné de repères simples, issus des thérapies comportementales de l’insomnie : se coucher seulement quand le sommeil vient, se lever si l’on reste longtemps éveillée, ne plus regarder l’heure la nuit, garder un horaire de lever régulier. Les dernières séances ont abordé la peur de ne pas être à la hauteur avec deux enfants.
Des nuits qui se réparent — progressivement
Les premiers changements sont arrivés après la troisième séance : un endormissement plus rapide, quelques nuits sans réveil. Puis des rechutes, notamment pendant une poussée dentaire du bébé — ce qui est normal. Au bout de deux mois, Claire s’endormait en général en moins d’une demi-heure. Elle se réveillait encore parfois la nuit, mais se rendormait au lieu de compter les heures. Voir pourquoi les progrès sont parfois invisibles au début.
Quelques repères si vous vous reconnaissez dans ce récit. Une insomnie qui dure plus de trois mois, au moins trois nuits par semaine, mérite une consultation. La thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie (TCC-I) est l’approche de référence ; l’hypnose peut s’y associer. Une tristesse persistante, une perte d’intérêt ou des pensées inquiétantes doivent faire penser à une dépression post-partum, qui peut survenir jusqu’à un an après la naissance : en parler sans attendre au médecin ou à la sage-femme. En cas d’idées noires, le 3114 répond jour et nuit.
Pour aller plus loin : comprendre les troubles du sommeil, hypnose et sommeil : ce que disent les études et l’anxiété après un accouchement.
- Un endormissement plus rapide — en général moins d’une demi-heure
- La vigilance nocturne relâchée — le babyphone fait le guet
- Les réveils toujours possibles — mais suivis d’un rendormissement
- Plus de calculs d’heures la nuit
- Un exercice d’autohypnose utilisé seule au coucher
- Moins d’irritabilité et de culpabilité dans la journée
Ce que disent les personnes accompagnées
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Retrouvez également la page de prise de rendez-vous et le parcours complet d’Ourida Revel.
Un accompagnement en présentiel — à Baillargues
Les séances se déroulent en présentiel uniquement au 7 rue de la Dentellière à Baillargues. Lundi au vendredi de 8h à 19h, samedi de 8h30 à 12h.
