Janvier — le mythe du nouveau départ et la pression que ça crée
Janvier promet que tout peut changer. Nouvelle année, nouvelle vie, nouvelle version de soi. Pour ceux qui portent une souffrance réelle — dépression, deuil, épuisement, solitude — cette injonction à la transformation aggrave ce qui était déjà là. Ce guide explique pourquoi — et ce qui aide vraiment.
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Pourquoi le mythe du nouveau départ fait mal à ceux qui souffrent
Janvier est construit sur une promesse : le changement de chiffre dans l’année suffit à rendre possible ce qui ne l’était pas. Bonne résolution, nouveau départ, nouvelle version de soi. Ce récit est partout en janvier — dans les conversations, les publicités, les réseaux. Il est inoffensif pour ceux qui ont les ressources pour en faire quelque chose. Il est aggravant pour ceux qui n’en ont pas.
La souffrance — dépression, deuil, épuisement, solitude chronique — ne se résout pas au 1er janvier. Elle est encore là le 2. Et le 15. Et le 31. Ce que le mythe du nouveau départ ajoute à la souffrance, c’est une couche de honte supplémentaire : tout le monde répart, toi pas. Tout le monde change, toi tu es toujours au même endroit. Cette comparaison implicite est fausse — et elle fait du mal.
Le mythe est également trompeur dans sa logique : il suppose que le changement naît de la volonté et du décision. Ce n’est pas ainsi que fonctionne la dépression, le deuil, ou l’épuisement profond. Ces réalités n’obéissent pas aux résolutions. Elles demandent autre chose. Pour le contexte : fatigue de fin d’année et solitude et dépression.
Ce que le mythe du nouveau départ produit sur ceux qui souffrent
- La honte de ne pas « repartir" quand tout le monde le fait — ou semble le faire
- La comparaison implicite avec ceux qui prennent des résolutions — et semblent y croire
- La pression d’utiliser janvier comme tremplin — quand on n’a plus les ressources pour sauter
- La confirmation que quelque chose ne va pas chez soi — puisque les autres y arrivent
- Des résolutions prises sous pression qui échouent en deux semaines — et aggravent la honte
- L’impression que la souffrance est un choix ou un manque de volonté
Les formes que prend la pression de janvier
La pression du nouveau départ ne se vit pas de la même façon selon ce qu’on porte. Voici ses expressions les plus fréquentes.
Les résolutions qui échouent en boucle
Prendre une résolution sous la pression collective du 1er janvier — et l’abandonner quinze jours plus tard. Cet échec répété n’est pas un problème de volonté. C’est le résultat d’un changement demandé sans que les conditions du changement soient réunies.
La comparaison avec les autres en janvier
Sur les réseaux, tout le monde repart. Photos de sport, projets annonces, énergie affichée. Cette vitrine de l’enthousiasme collectif — sélective et amplifiée par les algorithmes — rend la propre stagnation plus visible et plus douloureuse qu’elle ne l’est.
La honte de ne pas « profiter" du début d’année
Janvier est censé être porteur. Ne pas ressentir cet élan — ne pas avoir envie de changer, ne pas avoir l’énergie de commencer — est vécu comme un échec supplémentaire par ceux qui souffrent déjà.
L’injonction à la gratitude et à la positivité
Listes de ce pour quoi on est reconnaissant, intention de l’année, vision board. Ces pratiques sont utiles pour certains — et contre-productives pour ceux qui souffrent, parce qu’elles suggèrent que la clef est dans l’attitude, pas dans la réalité de ce qu’on traverse.
Le dépression de janvier
Le « Blue Monday" — troisième lundi de janvier — est souvent cité comme le jour le plus difficile de l’année. Les fêtes sont finies, les résolutions flanchent, le froid et l’obscurité persistent. Pour ceux qui portent déjà une souffrance, cette combinaison est particulièrement écrasante.
L’année précédente comme bilan d’échec
Le passage à la nouvelle année force un bilan involontaire. Ce qu’on voulait faire et n’a pas fait, ce qu’on voulait changer et qui est resté pareil, ce qu’on espérait et qui ne s’est pas produit. Ce bilan peut être utile — il peut aussi être écrasant.
Traverser janvier — sans la pression du nouveau départ
Il n’y a pas de date magique pour changer. Mais il y a des conditions dans lesquelles le changement devient possible — et elles n’obéissent pas au calendrier.
Se déconnecter du récit collectif de janvier
Le nouveau départ de janvier est un récit — pas une réalité biologique ou psychologique. Personne n’est obligé d’y participer. Ne pas prendre de résolutions, ne pas faire de bilan, ne pas chercher l’élan — ce sont des choix légitimes, pas des échecs.
Distinguer changement et transformation
Un changement de comportement — faire du sport, arrêter de fumer — peut être décidé et fait d’ici demain. Une transformation — changer sa relation à soi, traverser un deuil, sortir d’une dépression — ne se décide pas. Elle se travaille, dans la durée, avec les bonnes conditions. Ces deux réalités n’obéissent pas aux mêmes logiques.
Janvier comme point de départ d’un accompagnement
Les fêtes sont passées. Ce qui était là en décembre est encore là — mais les ressources sont parfois un peu moins basses. Janvier peut être un bon moment pour commencer un accompagnement — pas parce que c’est janvier, mais parce que c’est maintenant, et que maintenant, c’est assez.
Ce qui change vraiment — indépendamment du calendrier
La transformation réelle ne naît pas d’une résolution. Elle naît du travail sur ce qui maintient les patterns en place — les croyances implicites, les mémoires émotionnelles, les réponses automatiques installées longtemps avant que la volonté consciente soit disponible pour les questionner. Ce travail-là n’a pas de date de début préférentielle. Il commence quand les conditions sont réunies.
L’hypnose éricksonienne peut travailler à ce niveau — pas en s’appuyant sur la volonté ou la discipline, mais en accédant aux niveaux où les patterns sont stockés. Janvier ou pas. Pour approfondir : le besoin de sabotage, pourquoi les progrès en hypnose sont invisibles au début et comprendre le burn-out.
- Se déconnecter du récit collectif — ne pas prendre de résolutions n’est pas un échec
- Distinguer changement de comportement et transformation profonde — deux logiques différentes
- Ne pas faire de bilan si le bilan écrase — l’année précédente n’est pas un verdict
- Identifier ce qui maintient les patterns en place — pas seulement vouloir les changer
- Commencer un accompagnement quand les conditions sont réunies — pas parce que le calendrier le dit
- La transformation ne demande pas janvier — elle demande les bonnes conditions
Ce que disent les personnes accompagnées
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