Ce que l’hôpital m’a appris sur l’anxiété
Des années comme infirmière psychiatrique m’ont appris sur l’anxiété ce qu’aucun manuel ne dit de la même façon. Ce qu’on voit quand on accompagne des gens qui souffrent vraiment — pas dans un cabinet féutré, mais dans la réalité brute d’un soin quotidien.
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Pour faire le point sur votre situation et vérifier si l’hypnose peut vous accompagner, avant toute première séance.
L’anxiété ne ressemble pas à ce qu’on imagine de l’extérieur
Avant de travailler en psychiatrie, j’avais une représentation de l’anxiété qui venait des descriptions cliniques. Des pensées intrusives, des palpitations, une peur diffuse. Ce que j’ai vu à l’hôpital était souvent plus matériel que ça, plus bodyé, plus concret. L’anxiété s’écrit dans le corps avant de s’écrire dans les pensées — dans la tension des mâchoires, dans les bras croisyés serrés, dans la manière dont quelqu’un occupe l’espace ou s’en retire.
Ce qui m’a frappée le plus, c’est à quel point l’anxiété peut se déguiser. En colère, en repli, en épuisement, en demandes répétées de réassurance, en contrôle excessif. Beaucoup de comportements qui semblent difficiles à l’entourage — l’irritabilité, l’exigence, l’isolement — sont de l’anxiété qui n’a pas trouvé d’autre forme pour s’exprimer.
La réassurance nourrit l’anxiété au lieu de la calmer
En milieu hospitalier, on voit beaucoup de patients qui demandent à être rassurés — sur leur état, sur leur sécurité, sur ce qui va se passer. Et on voit ce que la réassurance produit : un soulèvement temporaire, puis le retour de la demande, plus forte. Parce que la réassurance traîte le symptôme sans traiter la source. Elle apaise la tension du moment — et confirme implicitement qu’il y avait quelque chose à craindre.
Ce mécanisme est l’un des plus importants à comprendre dans l’anxiété. La réassurance — par un soignant, un proche, ou soi-même sous forme de vérification compulsive — est une stratégie d’évitement déguisée. Elle soulàge sans guérir — et entretient le cercle.
L’anxiété a toujours une histoire — même quand elle semble tomber du ciel
L’anxiété qui « n’a aucune raison" n’existe pas. Ce qui existe, c’est l’anxiété dont la raison n’est pas visible dans le présent — parce qu’elle est dans le passé, ou dans le corps, ou dans un apprentissage fait si tôt qu’il s’est installé sans laisser de trace consciente. J’ai vu des patients traverser des crises d’anxiété intenses sans qu’ils puissent nommer la cause — et trouver, avec du temps et de la confiance, ce qui la déclenchait.
C’est l’une des leçons les plus importantes : ne jamais arrêter à « je ne sais pas pourquoi j’ai peur". Il y a toujours quelque chose qui explique — pas toujours accessible immédiatement, mais toujours là. Et trouver cette source change complètement la relation à l’anxiété.
La honte de l’anxiété est souvent plus lourde que l’anxiété elle-même
À l’hôpital, on voit beaucoup de personnes qui arrivent avec deux problèmes : l’anxiété, et la honte d’avoir de l’anxiété. La deuxième est souvent plus difficile à traiter que la première. Elle se manifeste dans les mots qu’ils utilisent pour se décrire — « je suis faible", « je suis ridicule", « les autres gèrent bien mieux que moi" — et dans la réticence à en parler à l’entourage, par peur du jugement.
Cette honte maintient l’isolement, réduit l’accès au soin, et alourdit la souffrance. Elle est elle-même une conséquence de l’anxiété — la peur du jugement des autres, amplifiée par le jugement de soi-même.
Ce qui aide le plus n’est pas toujours ce qu’on prescrit
En milieu hospitalier, le traitement principal de l’anxiété passe souvent par la médication — qui soulage les symptômes aigus, ce qui est parfois nécessaire et utile. Ce que j’ai appris, c’est que le soulagement des symptômes et le traitement de la source sont deux choses différentes qui demandent des outils différents.
Ce qui aidait vraiment les patients à aller mieux sur la durée, c’était la relation — se sentir vu, cru, pas jugé — et la capacité progressive à comprendre leur propre fonctionnement. Pas la suppression du symptôme, mais la reconstruction d’une relation à soi-même qui ne soit plus dominée par la peur.
L’anxiété protège quelque chose — avant de l’empoigner
C’est la leçon la plus difficile à intégrer pour quelqu’un qui souffre d’anxiété : elle a un rôle. Pas un rôle voulu, pas un rôle agréable — mais un rôle fonctionnel. Elle protège contre quelque chose qui a un jour été réellement menaçant — et le système nerveux n’a pas été informé que les conditions avaient changé.
À l’hôpital, on voit des personnes dont l’anxiété est une stratégie de survie qui a marché à un moment — rester en alerte dans un environnement imprévisible, anticiper le danger pour l’éviter, contrôler ce qui peut l’être pour ne pas se laisser submerger. Ces stratégies ont été adéquates. Elles ont juste persisté au-delà de leur utilité.
Ce que ce parcours change dans la pratique actuelle
Ces années à l’hôpital ne sont pas un contexte biographique accessoire. Elles ont construi la manière dont j’entends l’anxiété aujourd’hui en séance — ce que je cherche derrière ce qui est dit, comment je lis le corps, comment j’entends la honte sous les mots, comment je travaille sur ce qui est là sans être nommé.
L’hypnose éricksonienne est l’outil qui m’a permis de travailler à un niveau que le soin infirmier n’atteignait pas — pas parce que le soin infirmier manquait de valeur, mais parce qu’il opérait dans des contraintes que l’hypnothérapie n’a pas. Le temps, la déprofondeur, l’espace pour suivre ce que chaque personne apporte. Pour en savoir plus sur ce passage : pourquoi une infirmière psychiatrique devient hypnothérapeute.
- Lire l’anxiété dans le corps avant les mots — ce que le soin quotidien apprend et que les manuels ne transmettent pas
- Comprendre la honte qui accompagne l’anxiété — et la déloger avant de travailler sur la peur elle-même
- Ne pas répondre à la demande de réassurance directement — mais construire la capacité à se rassurer soi-même
- Chercher toujours la source, pas seulement le symptôme
- Traiter l’anxiété comme une stratégie devenue inadaptée, pas comme un défaut à corriger
- Viser la libération — ne plus être gouverné par l’anxiété — pas la disparition complète
Ce que disent les personnes accompagnées
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Un accompagnement à Baillargues, avec possibilité de visio
Le cabinet est situé au 7 rue de la Dentellière à Baillargues. Les consultations se font au cabinet ou en visioconférence. La première séance dure de 1 h à 1 h 15. Un échange téléphonique de 15 minutes est possible avant.
