Le deuil d’un enfant qu’on n’aura pas
Ce deuil n’a pas de nom dans la langue courante. Pas de cérémonie, pas de congé officiel, souvent pas même de reconnaissance de l’entourage. Et pourtant il est réel, profond, et structurant. Ce guide est pour ceux qui le traversent — seul(e)s ou à deux, après une infertilité, une fausse couche, un choix, ou une vie qui ne s’est pas déroulée comme espérée.
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Pour faire le point sur votre situation et vérifier si l’hypnose peut vous accompagner, avant toute première séance.
Pourquoi ce deuil est si difficile à porter
Le deuil d’un enfant qu’on n’aura pas est un deuil dit « invisible" — il porte sur quelque chose qui n’a pas existé encore, ou plus, ou jamais. Il n’y a pas de corps, pas de rituel, pas de reconnaissance sociale. La plupart des personnes qui le traversent le font en silence — parce que l’entourage ne sait pas comment en parler, parce que la souffrance semble difficile à légitimer « pour quelque chose qui n’est pas arrivé".
Ce deuil peut prendre plusieurs formes selon les trajectoires. Après une infertilité longue — parcours médical, tentatives épuisées, décision d’arrêter. Après des fausses couches répétées. Après une grossesse interrompue. Après un choix de ne pas avoir d’enfant, devenu permanent, qu’il ait été voulu ou subi. Après une vie qui ne s’est pas déroulée comme on l’avait imaginée — la relation qui n’est pas venue, l’âge qui a avancé, la fenêtre qui s’est fermée. Ce sont des deuils différents — mais tous partagent cette caractéristique : personne ne sait vraiment comment y répondre.
La difficulté spécifique de ce deuil, c’est aussi qu’il se passe dans un monde où la maternité et la parentalité sont omniprésentes — les annonces de grossesse, les baby showers, les photos d’enfants sur les réseaux, les questions de l’entourage. Chaque signal du monde extérieur peut réactiver la perte. Pour le contexte sur les deuils innommés : comprendre le deuil.
Ce qui rend ce deuil particulièrement difficile à traverser
- Pas de reconnaissance sociale — pas de rituel, pas de congé, souvent pas même de mots dans l’entourage
- La souffrance semble difficile à légitimer — « pour quelque chose qui n’est pas arrivé"
- Le deuil n’a pas de date précise — il peut s’installer progressivement, sans moment identifiable
- Il se rejoue sans cesse face aux déclencheurs du monde extérieur — annonces, photos, questions
- Il peut être vécu différemment par les deux membres d’un couple — source de tension supplémentaire
- La culpabilité s’y mêle souvent — d’avoir voulu, de ne pas avoir voulu, d’avoir attendu, de ne pas avoir essayé
Les formes que prend cette perte
Ce deuil ne se manifeste pas toujours comme un deuil classique. Il prend des formes spécifiques liées à son caractère invisible.
La tristesse sans déclencheur visible
Une tristesse diffuse qui arrive sans prévenir, sans cause identifiable pour ceux qui ne savent pas ce qu’on porte. Un enfant dans la rue, une photo sur un réseau, une réunion de famille — autant de moments où la perte remonte sans qu’on puisse l’expliquer à l’entourage.
La colère
Contre son propre corps, contre la médecine, contre le destin, contre les autres qui ont des enfants sans effort apparent, contre l’injustice de la situation. Cette colère est légitime — et souvent difficile à exprimer parce qu’elle semble « démesurée" ou injuste envers des personnes qui n’y sont pour rien.
La culpabilité
D’avoir attendu trop longtemps. D’avoir choisi de ne pas. De ne pas avoir essayé assez. D’avoir arrêté les traitements. D’éprouver du soulagement quand on arrête. Cette culpabilité est l’une des charges les plus lourdes de ce deuil — et l’une des moins nommées.
Le deuil de l’identité espérée
Ce n’est pas seulement l’enfant qu’on perd — c’est aussi qui on aurait été. Mère, père, parent. Une version de soi-même qui existait dans l’imaginaire depuis longtemps et qui ne se réalisera pas. Ce deuil-là est souvent le plus silencieux et le plus structurant.
L’impact sur le couple
Ce deuil n’est pas toujours vécu de la même façon par les deux partenaires — ni au même rythme, ni avec les mêmes manifestations. L’écart entre ce que chacun ressemble peut créer une distance douloureuse au moment où la proximité serait la plus nécessaire.
La difficulté à se projeter après
Une fois la fenêtre fermée, la question « et maintenant ?" reste souvent sans réponse pour un moment. Reconstruire un imaginaire de sa propre vie sans cette maternité ou paternité attendue est un travail à part entière — qui prend du temps et demande parfois un soutien spécifique.
Traverser ce deuil — ce qui aide vraiment
Ce deuil demande d’abord d’être reconnu pour ce qu’il est. Avant tout ce qui aide, il y a le fait de nommer.
Nommer la perte
Ce deuil n’a pas de nom dans la langue courante — ce qui contribue à le rendre plus difficile à porter. Lui donner un nom, même imparfait, même personnel, crée un espace où la souffrance peut exister sans avoir à se justifier. « Je suis en deuil de l’enfant que je n’aurai pas" est une formulation qui légitime ce qui se passe.
Ne pas avoir à expliquer
Trouver un espace — une personne, un thérapeute, un groupe — où il n’est pas nécessaire de justifier la souffrance, de minimiser pour mettre les autres à l’aise, ou de naviguer dans les réponses maladroites. L’espace où ce deuil est reconnu comme réel est souvent ce qui manque le plus.
Reconstruire un imaginaire de soi
Après le deuil de l’enfant vient le deuil de qui on aurait été. Ce travail — reconstruire une image de sa propre vie et de sa propre identité sans cette parentalité attendue — prend du temps et ne se fait pas seul. Il s’agit de trouver ce qui donne sens et ancrage dans une vie qui ne ressemble plus à ce qu’on avait imaginé.
Ce qui se travaille dans cet espace
L’hypnose éricksonienne peut accompagner plusieurs dimensions de ce deuil — la culpabilité qui étouffe, la colère qui n’a pas d’endroit où aller, le travail sur l’identité et l’imaginaire de soi, et le chemin vers un futur qui ne soit pas seulement défini par ce qui n’a pas été. Ce n’est pas effacer la perte — c’est faire en sorte qu’elle puisse être portée autrement.
Ce travail peut être fait seul(e) ou en couple — les deux dimensions sont possibles. Pour le contexte sur les deuils : comprendre le deuil, le deuil d’une vie qu’on avait imaginée et accompagnement du deuil — expérience clinique.
- Nommer le deuil pour ce qu’il est — une perte réelle qui mérite d’être reconnue comme telle
- Trouver un espace où la souffrance n’a pas à se justifier ni à se minimiser
- Travailler la culpabilité — l’une des charges les plus lourdes de ce deuil
- Accueillir la colère sans la retourner contre soi ou contre l’entourage
- Travailler l’identité — qui on est quand on n’est pas parent comme on l’avait imaginé
- Reconstruire un imaginaire de sa propre vie — pas « faire son deuil" au sens de l’oubli, mais trouver ce qui ancre
Ce que disent les personnes accompagnées
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