Soins palliatifs et accompagnement du deuil — expérience clinique
Accompagner des patients en fin de vie et des familles en deuil — ce n’est pas quelque chose qu’on apprend dans les manuels. C’est quelque chose qu’on apprend dans la chambre, au chevet, dans les silences. Ce que cette expérience m’a appris sur la mort, sur le deuil, et sur ce qui aide vraiment.
Un échange préalable gratuit de 15 minutes
Pour faire le point sur votre situation et vérifier si l’hypnose peut vous accompagner, avant toute première séance.
Mourir prend du temps — et ce temps est précieux
Avant de travailler en soins palliatifs, j’avais une représentation de la mort comme d’un événement — quelque chose qui arrive à un moment. Ce que j’ai appris, c’est que mourir est un processus. Souvent lent, parfois non linéaire, toujours unique. Et que dans ce processus, il y a du temps — du temps pour dire, pour régler, pour être présent, pour se quitter.
J’ai vu des patients utiliser ce temps de manière extraordinaire — des réconciliations, des mots enfin dits, des histoires racontées pour la première fois. Et j’ai vu des familles qui ne savaient pas quoi faire de ce temps, qui attendaient la fin sans y être, qui rataient quelque chose sans savoir ce qu’elles auraient pu faire à la place.
Ce que les mourants apprennent aux vivants
J’ai eu le privilège d’être présente à des moments où certaines personnes parlaient de leur vie à la fin. Ce que j’ai entendu n’avait presque jamais à voir avec des régrets professionnels ou matériels. C’avait à voir avec des relations non réparées, des mots non dits, du temps pas assez donné aux gens qu’on aimait, et des choses évitées par peur du conflit ou de la vulnérabilité.
Cette observation répétée a profondément modifié ma relation à l’urgence des choses. Non pas de manière anxiéusée — mais en installant une clarté sur ce qui compte vraiment et ce qui est secondaire.
Le deuil ne suit pas les étapes qu’on lui attribue
Le modèle de Kübler-Ross — les cinq étapes du deuil : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation — est enseigné partout. Et il est utile comme cadre général. Ce que j’ai appris à l’hôpital, c’est qu’il décrit rarement ce que les gens vivent réellement. Le deuil est non linéaire, réversible, plein de contradictions simultanées. On peut être dans la colère et le rire le même jour. On peut atteindre l’acceptation et revenir au déni six mois après.
L’outil des étapes devient dangereux quand il est utilisé pour évaluer où quelqu’un devrait en être — « tu devrais avoir accepté maintenant, ça fait un an". Le deuil n’a pas d’horloge. Il a un rythme qui lui appartient.
Ce que les familles vivent n’est pas ce qu’on imagine de l’extérieur
Accompagner une famille en fin de vie ou en deuil, c’est entrer dans quelque chose de très différent de ce que l’entourage extérieur perçoit. De l’extérieur, on voit une famille en peine qui a besoin de soutien. De l’intérieur, on voit souvent des dynamiques complexes — des histoires familiales non réglées qui remontent, des tensions sur les décisions médicales, des jalousies de deuil, des personnes qui ne peuvent pas pleurer parce qu’elles s’occupent des autres, et des relations qui se révèlent à l’épreuve.
J’ai vu des fratries se déchirer au chevet d’un parent mourant. Et j’ai vu des familles se retrouver dans ces mêmes moments — avec une profondeur que rien d’autre n’aurait produite. Les deux sont vrais. La mort révèle.
La présence est plus puissante que les mots
Au début de mon expérience en soins palliatifs, je cherchais les mots justes — ce qu’on dit à quelqu’un qui va mourir, à une famille qui perd quelqu’un. J’ai appris progressivement que les mots comptent moins que la présence. Rester dans la chambre quand on n’a rien à dire. S’asseoir près de quelqu’un sans remplir le silence. Toucher une main. Ces gestes si simples étaient souvent ce qui importait le plus.
Ce que j’ai vu à l’hôpital : les familles ne se souviennent pas toujours de ce que les soignants ont dit. Elles se souviennent de ceux qui sont restés. Qui n’ont pas pressé. Qui ont tenu compagnie à ce qui était insupportable.
Les soignants en palliatif ont besoin d’être accompagnés aussi
Accompagner la mort au quotidien laisse des traces. Ce n’est pas neutre de tenir la main de quelqu’un qui meurt, de répondre aux questions d’enfants dont un parent ne rentrera pas, d’être témoin de douleurs qu’on ne peut pas soulager complètement. Les soignants en palliatif font un travail de deuil permanent — le deuil des patients qu’ils ont accompagnés, des familles qu’ils ont tenues, et parfois de leur propre idéal de soin quand les conditions ne permettent pas ce qu’ils voudraient donner.
J’ai vu des équipes palliatifs très soudées — la proximité avec la mort crée quelque chose entre les gens. Et j’ai vu des soignants qui portaient tout ça seuls, sans espace pour le déposer, et qui finissaient par partir — du service, parfois de la profession.
Ce que le palliatif a changé dans ma pratique
Avoir travaillé en soins palliatifs a modifié profondément ma relation à ce qui est important — dans la vie, et dans l’accompagnement. La proximité régulière avec la mort installe une hiérarchie différente des choses. Ce que j’entends quand quelqu’un parle d’un deuil est informé par ce que j’ai vu — pas seulement par des théories sur le deuil, mais par la réalité brute de ce que les gens traversent.
L’hypnose éricksonienne peut accompagner le deuil à plusieurs moments — avant la perte, pendant, et longtemps après. Elle peut travailler sur le deuil anticipé, sur les émotions non exprimées qui restent bloquées, sur la culpabilité qui accompagne souvent la perte, et sur la reconstruction de sens après une perte majeure. Pour en savoir plus sur ce parcours : pourquoi une infirmière psychiatrique devient hypnothérapeute.
- Le deuil anticipatoire — travailler sur ce qui reste possible avant la perte
- Pas de modèle d’étapes — travailler à partir de là où la personne est aujourd’hui
- Les deuils compliqués — perte de quelqu’un avec qui la relation était difficile
- La culpabilité du survivant — les mots non dits, les réconciliations non faites
- Les émotions gelées — ceux qui ne peuvent pas pleurer parce qu’ils s’occupent des autres
- Les soignants en palliatif — un espace pour déposer ce qu’ils portent
Ce que disent les personnes accompagnées
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Un accompagnement à Baillargues, avec possibilité de visio
Le cabinet est situé au 7 rue de la Dentellière à Baillargues. Les consultations se font au cabinet ou en visioconférence. La première séance dure de 1 h à 1 h 15. Un échange téléphonique de 15 minutes est possible avant.
